Le Sénat, à Paris, le 31 janvier 2024 ( AFP / MIGUEL MEDINA )
Attendue depuis des mois, la loi olympique a été définitivement adoptée jeudi au Parlement, une étape déterminante pour la concrétisation du projet Alpes 2030 qui reste cependant lesté par la crise de gouvernance au sein de son comité d'organisation.
Qualifié de "boîte à outils essentielle à la bonne livraison des Jeux" par la ministre des Sports Marina Ferrari, le texte - issu d'un compromis entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire - a été largement approuvé jeudi au Sénat à main levée. Les députés en avaient fait de même mardi par 390 voix contre 99. Les parlementaires insoumis et écologistes ont voté contre.
C'est la fin d'un long périple parlementaire pour ce projet de loi olympique adopté en première lecture en juin par la chambre haute, puis mis en suspens par la crise politique.
"Le texte apporte les ajustements législatifs nécessaires pour garantir une organisation sécurisée, maîtrisée et adaptée aux spécificités des territoires de montagne, dans la continuité de l'héritage des Jeux de Paris 2024", s'est félicité le ministère des Sports dans un communiqué, saluant "une étape décisive".
Pour ces jeux d'hiver qui se tiendront dans les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, la loi olympique permet des dérogations temporaires au droit commun en matière d'urbanisme, de logement, de santé, de travail mais aussi de sécurité - un volet dont certaines mesures ont été dénoncées à gauche comme liberticides.
Est notamment prolongée jusqu'en 2027 l'expérimentation d'un dispositif de vidéosurveillance algorithmique, dont une phase de test lancée à l'occasion des Jeux olympiques de Paris-2024 a pris fin en mars 2025. Et est prévue la possibilité pour les agents privés de sécurité de procéder à l'inspection visuelle des véhicules et leur coffre.
La question environnementale a aussi fait débat tout au long de l'examen: "l'artificialisation liée aux Alpes-2030, soit environ 20 hectares, sera bien décomptée" dans les quotas de l'objectif zéro artificialisation nette (ZAN) "mais au niveau national", a tenu à souligner la ministre mardi, l'idée étant de ne pas pénaliser les communes concernées.
- "Donner une image unie" -
Marina Ferrari a également mis en avant un amendement porté par le gouvernement "imposant au Comité d'organisation, l'organisation d'au moins une réunion publique physique par bassin de vie accueillant des épreuves ou un site olympique".
La ministre des Sports Marina Ferrari à l'Assemblée nationale, à Paris, le 3 février 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )
Dénonçant l'absence "de participation du public au processus décisionnel" avant la candidature comme depuis l'attribution des JO-2030, le collectif citoyen JOP 2030 a lancé trois procédures, devant les tribunaux administratifs de Lyon et Marseille et auprès d'un organe onusien à Genève.
Fin janvier, le tribunal de Marseille a réclamé à la Solideo, chargée des ouvrages olympiques de 2030, plus de transparence dans la communication et l'information concernant ses projets. L'établissement s'est pourvu en cassation.
Le projet Alpes 2030 pâtit également d'une crise ouverte au sein de son comité d'organisation (Cojop), après les démissions en deux mois de sa directrice des opérations, de son directeur de la communication et du président du comité des rémunérations.
Ce dernier, Bertrand Méheut, ancien président du groupe Canal+ et ex-patron du PMU, a notamment pointé dans un courrier une "dérive importante qui (le) conduit à douter du succès du projet que ce soit en matière de délais et de coûts".
L'adoption de cette loi doit permettre "une prise de conscience de tous les acteurs de ce dossier, y compris au sein du Cojop, de la nécessité de travailler ensemble et de donner une image unie à la représentation nationale, aux habitants et aux acteurs économiques du territoire", a exhorté jeudi le sénateur centriste Jean-Michel Arnaud, rapporteur du projet de loi.
Le Belge Pierre-Olivier Beckers (g.), président de la commission de coordination du CIO pour les Jeux olympiques d'hiver de 2030 en France, et le Français Edgar Grospiron (d.), président du comité d'organisation des Alpes françaises 2030 en France, lors d'une conférence de presse, au Grand Bornand, le 3 décembre 2025 ( AFP / ARNAUD FINISTRE )
"Les dernières informations autour de l'organisation d'Alpes 2030 n'appellent guère pour l'instant à l'optimisme et m'inquiètent, en ma qualité de coprésident du groupe de travail chargé du suivi de la préparation de ces JOP", a relevé mardi le député PS Belkhir Belhaddad. Il s'est aussi "interroger" de "l'absence, à date, du soutien de certains partenaires privés de premier plan".
En novembre, le Cojop disait "souhaiter pouvoir annoncer de premiers partenariats pour [les JO] Milan-Cortina", dont la cérémonie d'ouverture aura lieu vendredi.

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